
Mon enfant manque de confiance en lui : pistes douces

Flora Morell
Sophrologue · Albi
Quand votre enfant dit « je suis nul »
Le devoir n'est pas terminé, le crayon est jeté, et la phrase tombe : « De toute façon, je suis nul. » Ou bien votre enfant refuse l'essai de basket, décline l'invitation à un anniversaire, abandonne un puzzle dès la première difficulté. Vous le voyez, et vous cherchez les mots justes.
Cette situation est très courante chez les familles que je reçois. Elle n'a rien d'une faute, ni pour l'enfant, ni pour vous.
Les signaux qui méritent votre attention
Chaque enfant s'exprime à sa façon. Voici ce que les parents me décrivent le plus souvent :
- des phrases dévalorisantes : « je n'y arriverai jamais », « je suis bête » ;
- l'évitement des défis nouveaux, ou l'abandon rapide ;
- une peur de l'erreur : larmes, colère ou perfectionnisme devant un échec ;
- un besoin fréquent d'être rassuré, ou au contraire un retrait en groupe ;
- parfois un ventre noué ou une fatigue avant certaines situations.
Ces signaux ne disent pas à eux seuls ce qui se passe pour votre enfant. Ils sont une invitation à l'observer avec douceur.
Comment la confiance se construit
La confiance en soi ne se décrète pas. On observe qu'elle se nourrit de petites expériences de réussite à la mesure de l'enfant, du regard que les adultes portent sur ses efforts, et de la possibilité de se tromper sans être jugé.
À l'inverse, la comparaison aux autres, la pression des résultats ou une période difficile peuvent peser sur l'image que l'enfant a de lui. Il n'y a presque jamais une cause unique.
Un enfant a rarement besoin qu'on lui répète qu'il est capable. Il a surtout besoin de le vivre, en petit, plusieurs fois.
Des pistes douces à la maison, dont un exercice
Accompagner un enfant qui doute ne demande pas de grands discours. Ce sont souvent des gestes répétés, simples, qui créent un climat de sécurité.
Quatre attitudes qui peuvent aider
- Valoriser l'effort plutôt que le résultat : « Tu as persévéré, même quand c'était long. »
- Découper le défi en petites étapes, pour que chacune soit atteignable.
- Accueillir l'émotion avant de rassurer : « Je vois que c'est difficile pour toi » avant « mais tu vas y arriver ».
- Montrer que l'erreur est normale en racontant vos propres essais ratés, simplement.
Ce que la sophrologie peut apporter
Avec les enfants et les adolescents, je propose des exercices de respiration, de détente du corps et d'imagination positive, présentés sous forme de jeux et adaptés à l'âge. Certaines familles trouvent que ces moments aident l'enfant à se sentir plus calme et plus attentif à ses ressentis. Il ne s'agit en aucun cas de promettre un résultat, ni de remplacer un suivi adapté.
Exercice : le ballon et la phrase-ressource
À essayer avec votre enfant (dès 6 ans environ), pendant 3 minutes, dans un endroit calme.
- Asseyez-vous côte à côte, pieds à plat, dos confortable. Yeux fermés, ou regard posé sur un point fixe.
- Posez une main sur le ventre. Proposez d'imaginer un ballon à l'intérieur.
- Inspirez par le nez pendant 4 secondes : le ballon se gonfle.
- Retenez l'air 2 secondes, sans forcer.
- Soufflez doucement par la bouche pendant 6 secondes : le ballon se dégonfle.
- Répétez 5 fois, à son rythme.
- Après la dernière expiration, invitez-le à penser à un moment où il a été fier, même minuscule (lacer ses chaussures, dessiner un animal). Laissez-lui environ 20 secondes, en remarquant ce qu'il ressent dans son corps.
- Terminez par une phrase, dite à voix basse : « Je peux essayer, à mon rythme. »
Si c'est trop long, trois respirations suffisent. L'important est que ce moment reste agréable, sans objectif de performance.
Quand consulter ?
Un coup de blues devant une dictée ou une hésitation avant un nouveau sport font partie de la croissance. Il est en revanche recommandé d'en parler à un professionnel de santé quand :
- ces difficultés durent depuis plusieurs semaines et ne s'apaisent pas ;
- elles touchent tous les domaines : école, amis, loisirs ;
- votre enfant parle de lui avec beaucoup de dureté, se replie ou s'isole ;
- vous remarquez des changements de sommeil, d'appétit ou de fréquents maux de ventre ;
- il refuse d'aller à l'école ou évite systématiquement certaines situations.
Le médecin traitant, le pédiatre ou un psychologue pourront évaluer la situation. Je ne pose pas de diagnostic : mon rôle de sophrologue est d'offrir un espace d'accompagnement complémentaire.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, vous pouvez me contacter à Albi. Nous prendrons d'abord un temps d'échange pour comprendre ce que traverse votre enfant, puis j'adapterai les exercices à son âge, à son rythme et à ce qu'il a envie d'essayer.


