
Conflits qui se répètent au travail : un schéma intérieur ?

Flora Morell
Sophrologue · Albi
Quand le même scénario se rejoue d'un poste à l'autre
Nouveau poste, nouvelle équipe, nouveau responsable. Et pourtant, après quelques mois, cette impression familière revient : la tension monte, les échanges se crispent, la fatigue s'installe. Vous vous dites : « Encore ? Pourquoi moi ? »
Si cela vous parle, vous n'êtes pas seul ni seule. Beaucoup de personnes me décrivent des situations qui se ressemblent, alors que les visages changent.
Des situations qui peuvent se ressembler
Voici quelques exemples que j'entends fréquemment :
- se sentir peu écouté par chaque supérieur successif ;
- avoir du mal à dire non, puis être débordé et en vouloir à l'équipe ;
- ressentir une tension immédiate face à une certaine forme d'autorité ;
- éviter les désaccords jusqu'au moment où tout explose.
Un schéma intérieur, que veut-on dire ?
On parle de schéma pour désigner une manière habituelle de réagir, de ressentir et d'interpréter une situation, souvent installée depuis longtemps. Elle se met en route vite, parfois avant même que l'on ait pris le temps de réfléchir.
Il est important d'être prudente : je ne peux pas dire pourquoi, chez une personne donnée, une situation se répète. Les causes sont multiples et propres à chacun. Le contexte professionnel lui-même (organisation, charge de travail, climat d'équipe) joue aussi un rôle réel, et certaines situations sont simplement difficiles, quelle que soit la personne.
Ce que j'observe en séance, en revanche, c'est que le corps réagit souvent en premier : gorge serrée, épaules remontées, respiration courte, ventre noué. Ces signaux peuvent devenir un point d'entrée pour mieux repérer ce qui se passe en vous, avant que la réaction ne prenne toute la place.
Remarquer une répétition n'est pas se juger. C'est simplement commencer à regarder autrement.
Ce que la sophrologie peut apporter, et un exercice à essayer
La sophrologie s'appuie sur la respiration, le relâchement musculaire et la visualisation. Elle ne cherche ni à analyser votre histoire ni à poser une explication. Elle peut contribuer à mieux percevoir vos sensations, à retrouver un peu de recul, et à repérer le moment où la tension se met en place.
Certaines personnes trouvent que ce temps d'attention au corps les aide à répondre plutôt qu'à réagir. Les effets varient d'une personne à l'autre, et aucun résultat ne peut être garanti.
Exercice : la pause en 3 minutes
Vous pouvez l'essayer avant une réunion ou après un échange tendu.
- Position : debout ou assis, les pieds à plat, écartés à la largeur du bassin. Fermez les yeux ou fixez un point au sol.
- Respiration : inspirez par le nez pendant 4 secondes, retenez 2 secondes, puis expirez doucement par la bouche pendant 6 secondes. Répétez 5 fois.
- Relâchement : à chaque expiration, laissez descendre les épaules, desserrez la mâchoire, détendez le front. Prenez environ 10 secondes pour chaque zone.
- Observation : posez-vous mentalement la question : « Où est-ce que je ressens cette tension dans mon corps ? » Sans chercher de réponse parfaite, nommez simplement la zone.
- Retour : prenez deux respirations naturelles, puis ouvrez les yeux.
Garder une trace
Après quelques jours, notez en quelques lignes :
- la situation qui a déclenché la tension ;
- la sensation corporelle ressentie ;
- ce que vous auriez eu envie de faire ou de dire.
Ces notes peuvent vous aider à repérer des points communs entre plusieurs situations. Elles peuvent aussi nourrir un échange avec un professionnel, qui saura vous accompagner dans leur lecture. Si l'exercice fait monter une émotion trop forte, arrêtez-vous et revenez à une respiration naturelle.
Quand consulter ?
Il peut être utile de consulter si :
- les mêmes tensions reviennent d'un poste à l'autre, malgré vos efforts pour faire autrement ;
- vous redoutez d'aller travailler, ou ruminez le soir et la nuit ;
- votre corps réagit fortement : maux de ventre, tension dans la nuque, sommeil perturbé ;
- vous avez le sentiment de « jouer un rôle » dont vous aimeriez sortir.
À Albi, je vous accueille en séance de sophrologie pour prendre le temps d'explorer ces ressentis, à votre rythme, avec des exercices adaptés à votre situation.
La sophrologie ne remplace ni un avis médical ni un suivi psychologique. Si votre souffrance au travail est importante, si vous vous sentez en détresse ou si vous pensez être victime de harcèlement, parlez-en à votre médecin, au médecin du travail ou à un psychologue. Je serai heureuse de travailler en complément avec eux, si vous le souhaitez.


